Rudolf Steiner 1861-1925

Fils d’un modeste employé des chemins de fer autrichiens, Rudolf Steiner (1861-1925) le fondateur de l’anthroposophie entre en 1879 à l’École Supérieur de Technique de Vienne, ou il reçoit une solide formation scientifique.

Des l’adolescence, il a étudié les grands philosophes, et il obtient en 1891 le titre de docteur en philosophie. Mais dès 1889, il a été invité à participer à Weimar à la première édition des œuvres complètes de Goethe. Chargé de publication de ses écrits scientifiques, il les pourvoit d’importantes introductions et notes.

 

Ce travail ouvre devant lui le champs dans lequel il pourra construire son œuvre. Goethe s’est en effet révélé à lui comme l’esprit qui a su, en pleine conscience et avec toute la rigueur d’un homme de science, saisir l’action des forces spirituelles créatrices à travers les formes en devenir du monde visible.

 

Or très tôt, Steiner avait eu des perceptions suprasensibles, et la méthodes goethéenne s’offre à ses yeux comme l’ébauche du pont à jeter entre les deux mondes qu’une cloison infranchissable – selon Kant sépare pour la conscience contemporaine. Au problème de la connaissance des causes cachées, que la religion élude et que la science tend à ignorer, Steiner proposera en 1894, dans "La Philosophie de la Liberté" l’ébauche d’une solution : développer par l’élargissement de la conscience pensante les facultés propres à percevoir le monde spirituel comme nos sens perçoivent les objets physiques ; autrement dit : parvenir à la clairvoyance sans se démettre de la conscience lucide (accepter la limite de nos sens physiques).

A Berlin où il s’installe en 1897, il enseigne à l’Université populaire, mais devra bientôt la quitter pour non-conformité avec ses dirigeants marxistes. Il dirige une revue littéraire, cultive de multiples contacts avec le monde des lettres et des arts, tout en poursuivant l’étude des courants philosophiques et scientifiques.

 

L’orientation matérialiste qu’accusent de plus en plus ces courants creuse l’abîme entre la foi et et le savoir, et Steiner reconnaît bientôt qu’il ne lui est plus possible de se taire sur les réalités spirituelles qui mûrissent en lui. Son activité de conférencier se précise et s’amplifie après son entrée dans les cercles théosophiques de Berlin – auxquels il ne limite d’ailleurs pas – et où il donnera en toute indépendance son enseignement jusqu’en 1912-1913.

 

Il rompt alors avec la Société Théosophique, ne pouvant la suivre dans son attachement au passé et à l’Orient. Car pour lui, l’événement central de l’évolution est l’incarnation du Christ et son sacrifice, qui ne sauraient connaître de répétition.

Steiner fonde en 1913 la première Société Anthroposophique, dont le siège sera fixé à Dornach près de Bâle, en Suisse, ou sera construit sous sa direction – et sur ses plans – un premier « Goethéanum », incendié à la Saint-Sylvestre 1922 et aussitôt reconstruit, où l’anthroposophie va se réaliser dans les formes d’art qu’elle porte en germe : architecture, peinture, sculpture, eurythmie nouvel art du mouvement créé par Rudolf Steiner, art dramatique.

 

Ainsi peut passer « de la théorie à la vie » un enseignement qui cultive toutes les forces vives de l’homme. Steiner forme sculpteurs, peintres, eurythmistes, acteurs, comme il formera à parti de 1919 les maîtres de la première École Waldorf à Stuttgart. Car le pont à construire entre le monde visible et les réalités spirituelles, c’est par l’art qu’il s’édifie en l’homme.

 

Au sens de l’anthroposophie, est art toute activité conforme à la nature humaine triple : corps, âme et esprit. Cultivé par un entraînement spirituel, l’enseignement porte fruits dans tous les domaines : plus de 250 écoles en 1981 dans le monde, cabinets médicaux, instituts de pédagogie curative, fermes bio-dynamiques, laboratoires scientifiques, et bientôt cliniques, hôpitaux, séminaires pédagogiques, écoles d’art… à travers lesquels rayonne l’activité centrale d’une Université de Science spirituelle fondée en 1923 – en même temps que la nouvelle Société Anthroposophique Universelle, qui a des sections nationales dans de nombreux pays.

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