Beaujolais & Bourgogne

Anne de France et Anne de Beaujeu

Anne de France, dite Anne de Beaujeu est née en avril 1461 à Genappe en Pays-Bas bourguignons, elle est fille aînée de Louis XI, dit "le prudent", surnommé universelle araigne sixième roi de la branche dite de Valois de la dynastie capétienne. La ligne directrice de sa politique fut constituée par le renforcement de l'autorité royale contre les grands feudataires et appuyée sur l'alliance avec le petit peuple. Il défendit ainsi les paysans vaudois du Valpute contre l'inquisition épiscopale en Dauphiné et La Vallouise fut ainsi rebaptisée en son honneur.

Le véritable nom des Églises vaudoises, celui qu'elles se donnent elles-mêmes en Piémont, est la Table vaudoise qui affirme désormais être apparue avec les disciples de Pierre Valdo, ou Vaudès, dans les années 1170 dans la paroisse Saint-Nizier de Lyon. Aujourd'hui, il existe une rue portant son nom la rue Pierre-Valdo dans le 5e arrondissement de Lyon.

 

Pierre Valdès était un riche marchand de la ville. Vers 1170, il écouta un passage de la vie de Saint Alexis narrée par un troubadour. Ce récit lui fit éprouver le désir de vivre plus près du Christ, de suivre nu le Christ nu. Il légua ses biens à sa femme pour suivre l'idéal de pauvreté apostolique, c'est-à-dire imiter la vie des apôtres. Il plaça ses filles à l'abbaye de Fontevraud, fondée par Robert d'Arbrissel.

 

Il se fit traduire des passages choisis de la Bible du latin en langue vulgaire et provinciale. Il commença à prêcher dans les rues de Lyon, sans permission des autorités ecclésiastiques. Seuls les prêtres et les clercs en effet étaient autorisés à le faire. L’Église catholique toléra dans un premier temps la présence de Valdès et de ses disciples, à condition qu'ils ne prêchassent plus. Mais, ayant bravé cet interdit, ces derniers furent chassés de Lyon par l’archevêque, Jean Belles-mains. Dès lors les premiers vaudois se nommaient eux-mêmes « pauvres de Lyon ».

 

C’est bien avant les grandes vagues protestantes du XVIème siècle appuyées par la découverte et le développement de l’imprimerie que les vaudois par la séparation qui leur fut imposée, furent écartés de la partie invisible et surnaturelle inhérente aux sacrements institués. Mais ils permirent de répandre et dévoiler la vérité et la richesse des textes qui restaient et restent encore trop encore aujourd’hui sous le boisseau. Il est dit : « Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui. »

Anne de France est fille aînée de Charlotte de Savoie, celle-ci consacra sa vie à l'éducation de ses filles et à la lecture, elle acquit un grand nombre de livres qu’illustre le château d'Amboise par la richesse de sa bibliothèque. De plus en dépit de ses faibles ressources la reine gardait toujours et jusqu'à sa mort un libraire et un joueur de luth auprès d’elle.

 

En 1474, Anne de France épouse Pierre de Beaujeu, sire de Beaujeu qui devient duc de Bourbon. La princesse est âgée de 12 ans, Pierre de Bourbon est alors âgé de 35 ans. Son père déclare qu'elle est la moins folle des filles de France, car de sage il n'y en a point, et souhaite sur son lit de mort qu’elle prenne la régence pendant la minorité royale de Charles VIII son frère.

 

À la mort de Louis XI en 1483, Anne de Beaujeu exerce la régence de 1483 à 1491 avec son mari. Contrairement aux attentes des princes du royaume, elle contient la noblesse, maintient fermement contre le duc d’Orléans l’autorité royale et l’unité du royaume en mettant un terme à la guerre folle en 1488 à Saint-Aubin-du-Cormier. Conséquence de la guerre folle, elle marie son frère Charles VIII à Anne de Bretagne ce qui parachève l'expansion territoriale accomplie par Louis XI en préparant le rattachement du duché de Bretagne à la Couronne. À la mort du duc Jean de Bourbon en 1488, elle négocie le duché de Bourbon pour son mari.

Pierre de Beaujeu

Anne de Beaujeu

 

Le blason de la région Bourgoggne

flotte au Mémorial Heiho Niten Ichi Ryu

à Gleizé et en Miroir a flotté au Budokan à Ōhara au Japon

 

Elle tient à Moulins une des cours les plus fastueuses du royaume. De son mariage avec Pierre de Beaujeu elle eut Charles de Bourbon (1476 † 1498), comte de Clermont (1488) et Suzanne (1491 † 1521), mariée à Charles III de Bourbon (1490-1527). Elle est aussi, par son conjoint, duchesse d’Auvergne et dame de Beaujeu. En 1477, son mari récupère le comté de la Marche après l'exécution de Jacques III d’Armagnac, son cousin au 3e degré. Elle fut aussi comtesse de Clermont en Beauvaisis, baronne du Roannais, princesse des Dombes, comtesse du Forez, vicomtesse de Carlat et comtesse de Gien.

Malgré son importance dans l’histoire événementielle comme dans l’histoire culturelle, Anne de France est un personnage très peu connu. Arrivée au pouvoir à 23 ans, ayant gouverné pendant la minorité de son frère Charles VIII et dix années supplémentaires avec sa collaboration, Anne de Beaujeu dut combattre nombres de coalitions nobiliaires qui désiraient s’approprier le pouvoir ainsi que de puissances étrangères qui souhaitaient bénéficier de la faiblesse apparente du royaume due à la minorité du roi.

 

Elle prit plusieurs fois la tête des armées et renversa tous ses ennemis. Puis elle se détacha volontiers du pouvoir dès lors qu’elle lui sembla avoir rempli sa mission, notamment en mariant son frère à la duchesse Anne de Bretagne, rattachant ainsi la Bretagne à la France. Tous ces éléments sont fort loin de l’image décrite par les Histoires de France ou les manuels scolaires d’un pays régi par la loi salique qui ne voit qu’une exception dans la figure féminine de Jeanne d’Arc,.

Les ouvrages de littérature eux-aussi laissent en marge l’œuvre de cette femme pourtant d’une excellente qualité et d’une importance capitale sur le plan de l’histoire littéraire. Après la mort de son mari, Anne de France écrit Enseignements à ma fille, Suzanne avait alors 12 ans. C’est une source importante sur l’instruction et l’éducation des jeunes filles de l’aristocratie de l’époque. Elle publie également Histoire du siège de Brest dont l’action se déroule durant la guerre de Cent Ans.

 

A sa fille elle parle en grande franchise et sincérité la prévenant au mieux des dangers du monde dans lequel elle aurait à évoluer, constitué de maintes embûches turpitudes et manigances. Véritable manuel de conseils pour les rudes et invisibles combats féminins, par ses recommandations elle révèle les moyens de protéger et préserver la plus haute des vertus.

Elle meurt le 14 novembre 1522 à Chantelle dans l’Allier. Anne de France fut inhumée dans la chapelle neuve du prieuré clunisien de Souvigny, près de Moulins, auprès de son époux et de sa fille.

 

Au travers du Mémorial Heiho Niten Ichi Ryu et des drapeaux de la Bourgogne et du Beaujolais, sont rappelés les responsabilités, le passé et le rôle clef des Sires de Beaujeu révélés par l’œuvre d’Anne & de Suzanne dont elles rendaient le bon Dieu responsable.

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